Le brouillage GPS comme protocole : un deuxième ministre britannique de la Défense revient d'Estonie sans navigation

Le 21 mai, un avion de la Royal Air Force avec John Gillie à bord a perdu son GPS pendant trois heures. Ce n'est pas le premier incident — et c'est précisément cette répétition qui transforme l'incident en stratégie documentée.

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Джон Гілі (Фото: Andy Rain / EPA)

Le 21 mai, alors que le ministre de la Défense britannique John Healey rentrait chez lui depuis l'Estonie — où il observait des exercices de l'OTAN près de la frontière russe — l'avion Dassault Falcon 900LX de la Royal Air Force a perdu la navigation GPS pendant trois heures. Les pilotes sont passés à un système de secours. Les passagers, parmi lesquels se trouvaient un journaliste et des photographes, ont été informés que la sécurité n'était pas menacée.

La trajectoire de vol en temps réel était accessible sur les sites publics de suivi. On ignore toujours si l'avion était une cible intentionnelle.

Pas la première fois et pas un hasard

En mars 2024, la même chose s'est produite avec le précédent ministre de la Défense britannique Grant Shapps : son avion a été victime d'usurpation de coordonnées — spoofing — près de Kaliningrad. En septembre 2025, l'avion de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dû atterrir en utilisant des cartes papier en raison des perturbations GPS au-dessus de la Bulgarie.

« C'est une ingérence russe irresponsable, mais la Royal Air Force est bien préparée à cette activité »

— source du ministère de la Défense britannique, The Times

Comme l'a rapporté Euronews en se référant à une lettre de mai 2025, les ministres de 13 pays de l'UE ont constaté : le brouillage GPS dans la région de la mer Baltique est mené depuis 2022 principalement par la Russie et la Biélorussie, et le nombre d'incidents impliquant des avions a augmenté considérablement après août 2024. La Lituanie a enregistré en juin plus de 1 000 cas de perturbations — 22 fois plus qu'un an auparavant. La Lettonie a enregistré 820 cas en 2024 contre 26 en 2022.

Où se trouve la source du signal

Selon David Stapples, professeur d'électronique et d'ingénierie radio à l'Université de la Cité de Londres, la Russie dispose de bases de brouillage à Kaliningrad et le long des frontières avec les pays baltes — des régions avec une concentration importante d'unités de guerre électronique. Le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte a qualifié ces actions de partie d'une « campagne complexe » aux conséquences potentiellement catastrophiques.

Quel est le vrai danger

Le brouillage GPS est particulièrement critique dans trois scénarios : mauvais temps, conditions de nuit et espace aérien congestionné. Selon l'évaluation de l'expert en sécurité aérienne Tege Westbrook, cette convergence de circonstances se produit dans moins de 1 % des vols — mais c'est précisément à ces moments que les conséquences peuvent être les plus graves. L'administration maritime suédoise a déjà averti officiellement les marins de passer au radar et aux repères visuels au lieu du satellite. La Finlande met au point un dispositif de lutte contre le brouillage.

La Russie explique officiellement les perturbations par la protection de sa propre infrastructure contre les drones ukrainiens. Le premier ministre de la Bulgarie, après l'incident impliquant von der Leyen, a qualifié le brouillage d'« effet secondaire de la guerre ». Cependant, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Suède et l'Allemagne ont officiellement classé ces actions comme une forme de guerre hybride.

La question n'est plus de savoir si la Russie brouille le GPS au-dessus de la Baltique — c'est un fait documenté. La question est à partir de quel nombre d'incidents impliquant des avions civils ou gouvernementaux de l'OTAN passera des déclarations à une réponse technique — notamment au déploiement de systèmes de navigation alternatifs qui ne dépendent pas du signal satellitaire.

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