Nébenzya se plaint des drones au-dessus de Moscou — Melnyk rappelle qui a lancé le boomerang

Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU du 19 mai, le représentant permanent de l'Ukraine Andriï Melnyk a rompu le rituel diplomatique : au lieu de déclarations, il a donné une réponse directe à Nebenzia, affirmant que les attaques contre la région de Moscou sont une conséquence et non la cause de la guerre.

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Андрій Мельник (Фото: Постійне представництво України при ООН)

Quand le représentant de la Russie, Vassili Nebenzya, a commencé à décrire les souffrances des habitants de la région de Moscou après une attaque massive de drones ukrainiens le 17 mai, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU le 19 mai, le représentant permanent de l'Ukraine, Andriï Melnyk, a répondu sans douceur diplomatique.

« Cessez de vous plaindre des souffrances des pauvres Russes. Ce que la Russie observe, c'est un boomerang qu'elle a lancé, mis en mouvement par Poutine contre l'Ukraine. Il revient avec une force triple et frappe très durement. »

Andriï Melnyk, représentant permanent de l'Ukraine auprès de l'ONU, 19 mai 2025

L'attaque du 17 mai sur la région de Moscou a été l'une des plus massives en termes de nombre de drones utilisés depuis le début de l'invasion à grande échelle. C'est précisément elle qui a donné à Nebenzya l'occasion de convoquer un format d'urgence — et c'est elle qui a servi de point de départ au discours de Melnyk.

La logique du « boomerang » dans le contexte international

L'argument de Melnyk n'est pas un accès émotionnel, mais une position juridique concrète : l'Ukraine agit dans le cadre du droit à l'autodéfense prévu par l'article 51 de la Charte de l'ONU. Les frappes contre le territoire de l'agresseur, à partir duquel des attaques sont menées contre les infrastructures civiles, sont qualifiées par Kyïv comme un moyen militaire légitime de pression, et non comme une escalade.

La Russie utilise systématiquement la plateforme du Conseil de sécurité comme mégaphone pour son propre récit — et bloque tout aussi systématiquement toute résolution condamnant ses actions grâce à son droit de veto. Melnyk a choisi une tactique qui prive cette plateforme de son scénario habituel : au lieu des accusations en réponse aux accusations — une reformulation de la question elle-même. Non pas « l'Ukraine avait-elle le droit de frapper Moscou », mais « qui a déclenché ce cycle de violence et en porte la responsabilité ».

La région de Kherson : une crise humanitaire oubliée du Conseil de sécurité

Parallèlement à sa réponse à Nebenzya, Melnyk a soulevé une question qui s'est pratiquement perdue dans le bruit médiatique autour des drones de Moscou : la situation humanitaire sur le territoire temporairement occupé de la région de Kherson. L'ambassadeur a appelé les États membres de l'ONU à renforcer les sanctions contre la Russie et à fournir un soutien supplémentaire à la population civile sur les territoires occupés.

  • Les bombardements de la rive gauche de la région de Kherson se poursuivent malgré les appels répétés aux institutions internationales
  • L'accès des organisations humanitaires aux TOT est effectivement bloqué par la partie russe
  • L'ONU enregistre une pénurie de médicaments, des interruptions d'approvisionnement en eau et des déplacements forcés de civils

Le fait que Melnyk ait combiné ces deux thèmes dans un seul discours n'est pas un hasard. C'est une tentative de maintenir dans un même foyer à la fois le droit de l'Ukraine à l'autodéfense et le prix que paye la population civile sur les terres occupées.

Et maintenant ?

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas structurellement en mesure d'adopter une décision obligatoire concernant la Russie — le veto n'a nulle part. Mais la tribune demeure un instrument de formation de l'opinion internationale. La question est de savoir si la rhétorique du « boomerang » se traduira par une pression concrète : si l'Occident ne renforce pas le paquet de sanctions après les attaques sur Moscou de la même manière qu'après les attaques sur Kyïv, la différence de réaction deviendra un argument dont la Russie se servira pendant des années.

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