Poutine a qualifié la lettre de Zelenski de « grossièreté » et a terminé sa réponse par les paroles « travaillez, mes frères »

Au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, Poutine a réagi publiquement pour la première fois à la lettre ouverte du président ukrainien : il a refusé une rencontre directe, s'est justifié sur son âge et a terminé son discours en exhortant les occupants à poursuivre la guerre.

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Володимир Путін (Фото: EPA)

Le 5 juin, entre ses interventions au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (FESP), Vladimir Poutine a réagi à la lettre ouverte de Zelenski — et l'a fait de manière à dissiper toute illusion concernant les intentions pacifiques du Kremlin.

Qu'a exactement proposé Zelenski

Le 4 juin, le président ukrainien a publié une lettre ouverte adressée à Poutine exposant des conditions précises : une rencontre personnelle entre les deux dirigeants, un cessez-le-feu complet pendant les négociations, un échange massif de prisonniers selon la formule « tous contre tous ». Zelenski a également souligné que la ligne de front actuelle serait le point de départ de la diplomatie, et que le monitoring du cessez-le-feu pourrait être assuré par les États-Unis. La lettre contenait également des critiques directes : 26 ans au pouvoir, dépendance envers la Chine, inflation, débâcles militaires. Comme l'a indiqué le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha, le document a été officiellement transmis à la Russie par les canaux diplomatiques et Kyiv s'attend à une réponse substantielle.

Le conseiller du président Dmitro Lytvyn a expliqué que la lettre avait plusieurs destinataires simultanément : Poutine était le destinataire formel, mais le texte s'adressait également aux États-Unis, aux partenaires et à un large public. Selon le député Merezhko, la logique est simple : si Poutine refuse même une rencontre, son manque d'intérêt pour la paix devient évident pour tous.

Comment Poutine a réagi au FESP

Selon Poutine, le matin du 5 juin, il avait « parcouru rapidement » la lettre — Peskov la lui avait « fournie ». Déjà cette description donnait le ton : un document transmis par les canaux diplomatiques officiels, la propagande du Kremlin l'a immédiatement présenté comme un document insignifiant.

Ensuite, Poutine a attiré l'attention sur le fait que Zelenski avait mentionné son âge.

« L'essentiel n'est pas l'âge, mais la compétence et la capacité de travail »

Poutine au FESP, 5 juin 2025

Le dictateur a ensuite raconté l'histoire d'un mystérieux « honnête homme d'affaires » de son entourage qui aurait voyagé à Kyiv il y a trois semaines et lui aurait transmis une demande de Zelenski pour une rencontre. Selon la version de Poutine, il avait répondu : « Je ne me suis jamais refusé ». Mais il a immédiatement expliqué pourquoi il ne « voyait pas l'intérêt » de se rencontrer — et l'argument bien connu sur Minsk a resurgi : ils avaient écrit toute la nuit, puis Merkel et Hollande eux-mêmes ont reconnu que c'était une « vaine entreprise ».

« Nous avons besoin d'accords non pour six mois, non pour trois mois, mais pour une longue perspective historique »

Poutine, FESP

Le Kremlin a publiquement qualifié la lettre d'écrite « avec des éléments d'impudence » et « pour rendre la rencontre impossible ». L'intervention s'est terminée par un appel aux troupes d'occupation : « Travaillez, frères » — après quoi Poutine a passé à la question suivante du forum.

Pourquoi cela s'est produit maintenant et qui en bénéficie

La lettre est apparue le jour suivant une frappe de drone sur un réservoir de pétrole près de Saint-Pétersbourg — et quelques heures avant le discours prévu de Poutine au FESP. Coïncidence ou non — mais le Kremlin a dû réécrire son discours final après la publication de la lettre. C'est en soi une pression diplomatique.

Parallèlement, les négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont essentiellement suspendu leur mission en raison du conflit américano-iranien. Zelenski a publiquement proposé une piste de négociations indépendante de Washington — que le New York Times a interprétée comme une « critique voilée de Trump » pour ses contacts distincts avec Poutine à Ankara.

Trump a réagi de manière neutre-positive : il a appelé les deux peuples « magnifiques », les dirigeants « très bonnes personnes » et a exprimé l'espoir d'un compromis. Il n'a exprimé aucun soutien à la proposition spécifique de Zelenski.

  • Zelenski a relancé la balle du côté de Poutine : le refus d'une rencontre est maintenant un fait public.
  • Poutine a évité une discussion directe sur les conditions, se concentrant sur la rhétorique de l'« impudence » et de l'âge.
  • Peskov a répété le mantra : si tu veux des négociations, viens à Moscou.
  • Trump n'a pris le parti d'aucune des deux parties — ce qui pour Kyiv signifie le statu quo.

Le dernier contact direct entre Zelenski et Poutine remonte à 2020. Les négociations directes entre les pays — à Istanbul au printemps 2022, et elles n'ont donné aucun résultat. Poutine acceptait autrefois une rencontre personnelle, mais uniquement pour signer un accord déjà finalisé — c'est-à-dire après que Kyiv eût accepté les conditions du Kremlin.

Si Trump sort vraiment du mode neutralité et soutient publiquement un format de négociations directes sans médiation américaine, il deviendra beaucoup plus difficile pour Poutine d'expliquer pourquoi il ne « voit pas l'intérêt » d'une rencontre avec le président du pays qu'il attaque depuis déjà quatre ans.

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