La Rada suprême a nommé Sergii Koretskyi Premier ministre de l'Ukraine. Le vote en faveur de la résolution correspondante a réuni 289 députés du peuple — ce qui dépasse le seuil constitutionnel de 226 voix, mais montre que le consensus au parlement est loin d'être monolithique.
Koretskyi dirigeait auparavant la Société nationale « Naftogaz d'Ukraine » — une entreprise qui est à la fois un actif stratégique de l'État, un sujet de pression du FMI et de la Banque mondiale concernant la transparence des tarifs, et une source chronique de scandales de corruption. Son passage du fauteuil de gestionnaire d'une entreprise d'État au fauteuil de chef du gouvernement n'est pas simplement un remaniement de personnel : c'est un signal sur le domaine que le pouvoir considère désormais comme prioritaire.
L'infrastructure énergétique reste l'une des principales cibles des frappes russes. La saison de chauffage, le transit du gaz, la restauration des capacités — tout cela nécessite non seulement une gestion technique, mais aussi la capacité à négocier avec les partenaires européens et les institutions financières internationales. Koretskyi possède précisément l'expérience de ces négociations.
Parallèlement, cette nomination soulève une question ouverte concernant le bloc des réformes anticorruption. « Naftogaz » sous sa direction n'est pas devenu un symbole de transparence — et maintenant ce même gestionnaire reçoit des pouvoirs sur l'ensemble du gouvernement, y compris les organes chargés de contrôler de telles entreprises.
289 voix suffisent pour la nomination, mais pas pour affirmer un large soutien au cours politique. Si Koretskyi ne forme pas une coalition fonctionnelle au sein de la Rada et ne montre pas de résultats concrets dans la restauration du système énergétique avant l'hiver prochain — c'est précisément ce chiffre qui deviendra la mesure de sa légitimité, et non le fauteuil de Premier ministre.