Au début de 2025, les forces armées ukrainiennes ont signalé un précédent : un drone terrestre équipé d'une mitrailleuse a maintenu une position à l'est du pays pendant 45 jours consécutifs — il a été rechargé et entretenu toutes les 48 heures. « Seul le système UGV était présent sur la position. Le concept est simple : les robots ne saignent pas », a commenté Mykola Zinkevych du Troisième corps d'armée selon l'Atlantic Council.
C'est précisément ce cas qui a servi de contexte à la discussion lors du Ground Truth Symposium au Capitole, où les militaires ukrainiens se sont rencontrés avec des experts américains de la défense. Et c'est justement là que le chef d'état-major de la 12e brigade de forces spéciales « Azov » Lev Pashko a remis en question la logique que ce cas provoque.
« Si l'unité est efficace, elle doit agir activement. Quand les occupants entrent dans la zone où le groupe peut opérer, le commandement crée les conditions — et l'infanterie sort pour détruire l'ennemi, reprendre les positions. Le complexe robotisé terrestre prend en charge le travail le plus dangereux. Mais en fin de compte, c'est l'infanterie qui décide ».
Lev Pashko, chef d'état-major de la 12e brigade « Azov », Ground Truth Symposium
Selon ses dires, le complexe robotisé terrestre sur le champ de bataille ukrainien joue le rôle de « manœuvre » — celui qu'on envoie là où on ne peut pas envoyer un humain :
- Logistique sous le feu. Livraison de munitions aux positions, inaccessibles à tout véhicule.
- Évacuation des blessés. Évacuation des combattants sous des tirs nourris.
- Kamikaze. Plateformes terrestres pour la destruction des points d'appui ennemis.
Parallèlement — un chiffre qui explique pourquoi la discussion a émergé : selon la BBC, en novembre 2025, 90 % des approvisionnements vers les positions avancées près de Pokrovsk étaient assurés par des UGV. Le ministère de la Défense de l'Ukraine rapporte le dépassement de tous les plans de livraison de complexes robotisés terrestres en 2025 et annonce une augmentation future.
C'est-à-dire que la technologie s'étend plus vite que la doctrine de son application ne se forme. Pashko l'admet ouvertement : « Je suis sûr que nous ne savons pas encore tout sur la façon d'appliquer correctement les complexes robotisés terrestres ».
Il est significatif que le même symposium ait enregistré une autre tension : les développeurs ukrainiens présentent des systèmes de reconnaissance radioélectronique pour 2 000 dollars — là où l'équivalent américain coûte jusqu'à 15 millions de dollars, selon LIGA.net. Pour le Pentagone, ce n'est pas seulement une source d'émerveillement — c'est un défi au modèle d'approvisionnement.
Si l'Ukraine en 2026 passe véritablement à la production industrielle de complexes robotisés terrestres selon les volumes déclarés — la question clé ne sera pas de savoir si le robot remplacera le fantassin, mais si la doctrine d'application réussira à se former avant que la technologie ne devance à nouveau ceux qui l'utilisent.