«Plaques "attrayantes" contre des pots‑de‑vin : à Kiev, un employé du centre de service et un intermédiaire seront jugés — qu'est‑ce que cela signifie pour la confiance envers le ministère de l'Intérieur ?»

Un employé d'un centre de services de la capitale et son complice vendaient via Instagram des plaques d'immatriculation d'État avec des combinaisons recherchées — de 8 500 UAH à 3 500 USD. Nous analysons comment le stratagème fonctionnait, pourquoi il a été démasqué et quelles mesures sont nécessaires pour restaurer la confiance dans le système.

13
Partager:

Ce qui s'est passé

Le parquet du district de Podil de Kyiv a transmis au tribunal l'acte d'accusation visant un employé de l'un des centres de service du ministère de l'Intérieur de la capitale et son complice. Selon l'enquête, ils offraient aux conducteurs la possibilité d'obtenir des plaques d'immatriculation «belles» avec des combinaisons spécifiques moyennant une rémunération supplémentaire.

«L'enquête préliminaire a établi que l'un des suspects a créé et administrait sur le réseau social Instagram une page où les conducteurs pouvaient choisir des plaques d'immatriculation avec des combinaisons de chiffres attrayantes : 1010, 1100, 0300, 0400, 0600, 0090, 0444, 1110, 1133, 1313, 1616, 1818, 1777 et d'autres. Un employé du centre de service, en abusant de sa fonction, assurait la délivrance des plaques demandées aux clients»,

— Parquet municipal de Kyiv

Comment le système fonctionnait

Le système combinait trois éléments : choix en ligne via une page Instagram, paiement officiel via le centre de service et un mandat supplémentaire confié à un intermédiaire pour obtenir la combinaison souhaitée. Si la «rémunération» n'était pas versée, le numéro choisi sur le site officiel était indiqué comme occupé.

Le coût

Selon le parquet, le prix d'une plaque variait selon la combinaison et allait de 8 500 hryvnias à 3 500 dollars américains. Le système a été démasqué et les personnes mises en cause ont été informées des soupçons en juin 2025.

Qualification juridique

Les actes reprochés ont été qualifiés de perception par une personne chargée d'une mission de service d'un avantage indu en vertu d'une entente préalable en groupe (alinéa 3 de l'article 368 du Code pénal ukrainien). L'affaire va maintenant être portée devant les tribunaux, où il faudra déterminer l'ampleur des preuves et le degré d'implication de chacun des protagonistes.

Pourquoi c'est important

Cette affaire ne concerne pas seulement quelques numéros concrets. Elle illustre un risque systémique : lorsque les services numériques ne sont pas sécurisés et que les procédures de contrôle sont purement formelles, un espace propice à la corruption apparaît. Les analystes de projets anticorruption soulignent que des cas de ce type sapent la confiance dans le système réformé de prestation des services et fournissent des arguments à ceux qui remettent en cause l'efficacité des réformes.

Quelles suites

La révélation et la transmission de l'affaire au tribunal constituent le premier pas. Pour minimiser les risques de récidive, des mesures concrètes sont nécessaires : renforcement du contrôle numérique sur l'attribution des plaques, audits indépendants des procédures dans les centres de service et mécanismes de recours transparents pour les citoyens. Ce n'est pas seulement une question de morale — c'est une question d'efficacité de l'État et de confiance, qui coûte cher.

La transformation de cette affaire en catalyseur pour un renforcement du contrôle dépendra de la détermination des autorités et du marché des services, qui a intérêt à la transparence. Sans changements, de tels risques demeureront.

Actualités du monde