Dans la nuit du 13 au 14 juillet 2026, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a lancé des missiles de croisière contre deux pétroliers des EAU — « Mombasa » et « Al-Bahiya » — dans le couloir de navigation méridional du détroit d'Ormuz dans les eaux territoriales d'Oman. Selon le ministère de la Défense des EAU, un membre d'équipage a péri — un citoyen indien du « Mombasa ». Parmi les huit blessés, deux sont des citoyens ukrainiens et six des Indiens ; quatre ont subi des blessures graves.
Un couloir censé être protégé
L'attaque ne s'est pas déroulée en eaux neutres — les pétroliers empruntaient précisément ce couloir méridional qui longe les côtes omanaises sous la protection de la Marine américaine. Ce couloir a vu le jour après que l'Iran a posé des mines dans la partie centrale du détroit. En juin, le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, a déclaré que la flotte américaine avait effectivement privé Téhéran de la capacité de bloquer le détroit. L'Iran a réagi en frappant un navire sur le même couloir — et les États-Unis ont lancé un nouveau cycle de frappes aériennes contre les infrastructures côtières iraniennes.
Selon les analystes du marché maritime, Téhéran mène une « campagne de ciblage sporadique » contre le couloir méridional, tentant de forcer les pays du Golfe à opter pour le couloir septentrional, convenu avec le côté iranien.
Version du CGRI : « les navires n'ont pas obéi »
Le CGRI a qualifié le « Mombasa » et l'« Al-Bahiya » de « navires contrevenants » qui auraient désactivé leurs systèmes de navigation et ignoré les avertissements des autorités iraniennes dans le détroit.
Déclaration du CGRI sur Telegram, 14 juillet 2026
Le ministère de la Défense des EAU a rejeté cette version, qualifiant l'attaque de violation grave du droit international et annonçant une augmentation du niveau d'alerte opérationnelle. Le ministère des Affaires étrangères des EAU a exprimé une protestation distincte et vigoureuse.
Contexte : la troisième nuit de frappes consécutives
L'attaque contre les pétroliers a coïncidé avec la troisième nuit consécutive de frappes aériennes américaines contre l'Iran. Selon le CENTCOM, dans la nuit du 14 juillet, les forces américaines ont attaqué des installations de défense côtière, des positions de missiles et de drones et des infrastructures marines à Bouchehr, Chah-Bahar, Djask, Konarak, Abou Moussa et Bandar Abbas. Parallèlement, Bahreïn a signalé l'interception d'attaques aériennes iraniennes au-dessus de son territoire.
Ce n'est pas la première attaque contre ce couloir en juillet : le 7 juillet, le pétrolier méthanier qatari « Al-Riqayyah » et le superpétrolier saoudien « Weydan » ont essuyé des tirs. Le niveau de menace pour les navires dans le détroit a été élevé au statut de « sérieux » après ces attaques.
Implications pour les marins
Les deux membres d'équipage ukrainiens sont un rappel du fait que les citoyens ukrainiens se retrouvent dans la zone des attaques iraniennes non seulement sur terre. Le nombre d'Ukrainiens travaillant actuellement sur des navires franchissant Ormuz est inconnu : le registre des navires ne divulgue pas la nationalité des équipages en temps réel.
- Tué : 1 (citoyen indien, pétrolier « Mombasa »)
- Blessés gravement : 4 sur 8
- Citoyens ukrainiens parmi les blessés : 2
- Incendies sur les deux navires : maîtrisés par les équipages
Si les États-Unis ne peuvent pas garantir la sécurité dans le couloir « protégé » après cette attaque, certains expéditeurs de marchandises envisageront des itinéraires de contournement via le cap de Bonne-Espérance, ce qui ajoute de 10 à 14 jours de traversée et affecte directement le prix du pétrole sur les marchés mondiaux.