Bref et important
La Banque centrale européenne (BCE) a publié ses prévisions macroéconomiques mises à jour pour 2026 et trois scénarios alternatifs d'impact du conflit au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz. Les chiffres ne sont pas une hypothèse : ils déterminent l'inflation, le rythme de croissance du PIB et le pouvoir d'achat des ménages des deux côtés de l'Europe. Pour l'Ukraine, ce n'est pas une abstraction, mais un canal direct d'influence sur les prix des carburants, l'énergie et les anticipations d'inflation.
Ce que prévoit la BCE
Dans le scénario de base, la BCE prévoit un pic des prix au deuxième trimestre 2026 — environ 90 $/baril pour le pétrole et ~50 €/MWh pour le gaz, après quoi les prix diminuent progressivement. Même cette option implique une pression inflationniste accrue en 2026.
Dans le scénario négatif, où se produit une perturbation partielle des approvisionnements via l'Ormuz, les prix pourraient grimper jusqu'à ~120 $/baril pour le pétrole et ~90 €/MWh pour le gaz. Et dans le scénario grave — en cas d'escalade plus profonde — les prix pourraient atteindre 150 $/baril et environ 110 €/MWh pour le gaz.
"Le choc énergétique est le principal moteur de l'accélération de l'inflation, en particulier en 2026, lorsque la hausse des prix peut atteindre des niveaux de pointe."
— Banque centrale européenne (d'après les prévisions)
Quelles conséquences pour l'inflation et la croissance
Dans le pire des cas, la BCE estime que le pic d'inflation dans la zone euro atteindrait 6,3 % au premier trimestre 2027. Des coûts énergétiques plus élevés se répercutent progressivement sur les produits alimentaires, les biens essentiels et — via les négociations salariales — sur les dépenses des ménages. Cela crée ce que l'on appelle des effets secondaires, qui peuvent maintenir l'inflation au‑dessus de la prévision de base pendant plusieurs années consécutives.
Comment cela affecte l'Ukraine
Le canal de transmission est simple et rapide : la hausse des prix du pétrole et du GNL fait monter les prix de gros des carburants et de l'énergie, ce que ressentent immédiatement les automobilistes et les entreprises. La Banque nationale constate déjà la hausse des prix, et les médias ukrainiens ont expliqué pourquoi le carburant a augmenté et quels risques de pénurie existent (voir LIGA.net). Des revenus réels plus faibles réduisent la consommation et les investissements, affaiblissant la reprise économique pendant la guerre.
Ce qui peut atténuer le choc
La BCE souligne que les scénarios mentionnés ne tiennent pas compte de la réaction complète des politiques monétaire et fiscale — or ce sont elles qui peuvent atténuer ou amplifier les effets. Pour l'Ukraine, les instruments clés sont : des mécanismes opérationnels de soutien aux ménages vulnérables, des stocks stratégiques de carburant, la diversification des importations d'énergie et l'aide internationale pour contenir la chute des investissements.
"Dans le pire des scénarios autour de la situation en Iran, l'inflation dans la zone euro pourrait atteindre un pic de 6,3 % au premier trimestre 2027."
— Banque centrale européenne (évaluation du scénario)
Conclusion
Ce ne sont pas seulement des chiffres macro pour les analystes — c'est un scénario mesuré en coûts de carburant, en factures de services publics et en stocks des entreprises. La BCE trace une carte claire des risques : d'un pic temporaire à une pression inflationniste pluriannuelle. Pour l'Ukraine, la question clé est la rapidité avec laquelle il sera possible d'adapter les politiques, de diversifier les approvisionnements et de protéger les ménages les plus vulnérables, afin que le choc externe ne se transforme pas en crise intérieure. Le gouvernement et ses partenaires décideront dans les mois à venir si la vitesse et les ressources sont suffisantes.