La Lituanie veut retirer Lomonossov des écoles — et le remplacer par Chevtchenko

Le Premier ministre lituanien Sinkevičius propose de réviser le programme scolaire de 2022 : supprimer les textes glorifiant les guerres impériales russes et ajouter Chevtchenko.

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Le programme scolaire lituanien depuis 2022 — c'est-à-dire après l'invasion à grande échelle — contenait plus d'auteurs russes que la version précédente, et aucune place pour la littérature ukrainienne. Le Premier ministre Mindaugas Šimkus propose maintenant de corriger cela : retirer Mikhaïl Lomonossov, qui célébrait les guerres impériales russes, et inclure Taras Chevtchenko.

La question n'est pas littéraire, mais politique

Šimkus a souligné que les enfants lituaniens ne devraient pas apprendre le patriotisme et la citoyenneté à partir de textes associés à l'idéologie impériale russe. Cette formulation nomme directement le problème : il ne s'agit pas de la valeur artistique de Lomonossov, mais de ce qui est véhiculé aux adolescents à travers ses œuvres.

Selon le Premier ministre, l'inclusion de Chevtchenko aiderait la jeunesse lituanienne à mieux comprendre l'originalité du peuple ukrainien et les textes littéraires qui l'ont formée.

Pourquoi le programme de 2022 a été critiqué

Après l'adoption des programmes révisés, les critiques ont immédiatement signalé un déséquilibre : les auteurs russes étaient devenus plus nombreux qu'auparavant, et la littérature ukrainienne n'avait toujours pas été ajoutée. Le ministère de l'Éducation a alors répondu que l'étude des textes russes n'était pas obligatoire et que les enseignants pouvaient librement choisir d'autres auteurs — autrement dit, on ne reconnaissait pas formellement le problème, en reportant la responsabilité sur les enseignants.

La proposition de Šimkus change la logique : au lieu de « les enseignants peuvent éviter » — une exclusion directe de la liste et un remplacement par un auteur ukrainien spécifique.

Le contexte qui rend la proposition non abstraite

Ces derniers jours, l'ambassade de Lituanie à Kyïv a été endommagée par une frappe russe, et Vilnius a convoqué le représentant de la Russie à ce sujet. La Lituanie prépare également un renforcement des restrictions envers les citoyens russes et biélorusses. L'initiative concernant le programme scolaire s'inscrit dans la même série de décisions — reconsidérer ce que le pays reconnaît comme autorité culturelle alors que la guerre se déroule littéralement à côté.

La question se pose maintenant au ministère de l'Éducation : la proposition du Premier ministre deviendra-t-elle une décision formelle, ou restera-t-elle une recommandation qu'on pourra à nouveau contourner en invoquant la liberté de choix de l'enseignant.

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