127 pilotes et 29 navires : Zelenski a personnalisé la responsabilité de plus de 4100 missiles

L'Ukraine a sanctionné pour la première fois nommément les commandants de l'aviation de longue portée des Forces aérospatiales russes — ceux qui ont personnellement utilisé les missiles de croisière et les "Kinjal" contre des cibles civiles. Parallèlement, des restrictions ont été imposées à 29 navires de la flotte fantôme qui transportent des armes en contournement des interdictions internationales.

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Le président Volodymyr Zelensky a signé deux décrets de sanctions en exécution des décisions du Conseil de sécurité et de défense nationale. Le premier concerne 127 militaires russes — commandants d'unités de l'aviation longue portée de l'aérospatiale russe. Le second porte sur 29 navires marchands civils impliqués dans le transport de cargaisons à des fins militaires pour la Fédération de Russie.

Qui figure sur la liste et pour quelles raisons

Les sanctions visent des officiers qui ont utilisé plus de 4100 missiles de croisière tirés depuis les airs — X-101, X-55, X-555, X-22, X-32 — et des missiles aérobalistiques « Kinjal ». Le Bureau du président a précisé les frappes ciblées : l'attaque contre l'hôpital pédiatrique « Okhmatdyt » à Kyïv le 8 juillet 2024 ; la frappe sur un immeuble de grande hauteur à Ternopil le 19 novembre 2025, qui a fait 38 morts, dont huit enfants ; le bombardement de Marioupol utilisant des bombes FAB-1500 et FAB-3000 ; l'attaque du village de Groza dans la région de Kharkiv en octobre 2023.

Ces navires sont utilisés pour le transport régulier de grands volumes d'armements, de munitions et d'équipements militaires contournant les restrictions internationales.

Bureau du président de l'Ukraine

29 navires de la « flotte fantôme » — des navires marchands civils, formellement non liés aux forces armées russes, mais intégrés de facto dans la chaîne logistique d'approvisionnement en armements. C'est précisément ce type de schémas que l'UE a commencé à poursuivre systématiquement de manière séparée : en octobre 2025, le Conseil de l'UE a sanctionné 41 navires de la flotte fantôme, en décembre — neuf structures supplémentaires impliquées dans son entretien.

La logique de cette mesure : documenter plutôt que geler

Les sanctions ukrainiennes en elles-mêmes ne bloquent pas les actifs à l'étranger — leur effet direct est limité à la juridiction ukrainienne. Le véritable poids de telles listes réside ailleurs : elles constituent un registre nominatif de preuves pouvant être utilisé en coordination avec la CPI et les juridictions partenaires. La CPI a déjà émis des mandats d'arrêt contre Choïgou et Guerassimov précisément pour les frappes contre les infrastructures civiles — la stratégie du procureur du tribunal se concentre sur les exécutants concrets, pas seulement le commandement.

Pour la flotte fantôme, le mécanisme est quelque peu différent : l'inscription d'un navire sur la liste des sanctions ukrainiennes complique son accès aux ports des États qui reconnaissent ces restrictions, et crée une pression supplémentaire sur les compagnies d'assurance et les administrations portuaires.

Contexte : la personnalisation comme stratégie

Cette vague de sanctions fait partie d'une tendance plus large : l'Ukraine passe progressivement des restrictions générales contre la « Russie en tant qu'État » à la responsabilité nominale des exécutants concrets. La même approche est appliquée dans le registre des dommages du Conseil de l'Europe et dans les documents transmis aux tribunaux internationaux.

La question qui déterminera le vrai poids de ces sanctions est : plusieurs États de l'UE ou du G7 adhéreront-ils à la liste ukrainienne — et les noms de cette liste apparaîtront-ils dans les futures demandes d'arrêt de la CPI.

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