Le Sejm a voté à l'unanimité — mais a rejeté les amendements sévères. Ce que la Pologne a vraiment dit sur la Volhynie

Le 17 juillet, le parlement polonais a adopté une résolution rendant hommage aux victimes du « génocide des nationalistes ukrainiens », mais a rejeté les projets qui accusaient directement Kyïv. Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a répondu par une formule diplomatique « pris en note » et a appelé à ne pas transformer la tragédie en obstacle au partenariat.

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Сейм Польщі (Фото: Albert Zawada / EPA)

Le 17 juillet, le Sejm polonais a adopté à l'unanimité une résolution à l'occasion du 83e anniversaire de la tragédie de Volhynie. Le document honore la mémoire des victimes du « génocide commis dans les terres orientales de la Deuxième République polonaise par des nationalistes ukrainiens » entre 1939 et 1947, soulignant l'importance de la recherche, de l'exhumation et des funérailles dignes des victimes. Parallèlement — et c'est un détail clé — le Sejm a exprimé sa gratitude envers les Ukrainiens qui ont risqué leur vie pour sauver leurs voisins polonais.

L'unanimité du vote, cependant, ne signifie pas une unité de positions. Avant le vote final, les députés polonais ont rejeté des amendements contenant des accusations directes contre Kyïv : obstruction des exhumations, distorsion de la vérité historique, héroïsation des « responsables des crimes ». Dans le texte final, ces formulations sont absentes — le Sejm a confirmé « le désir de coexistence amicale » et appelé à privilégier ce qui unit les deux pays.

Ce qui n'a pas été inclus dans le texte — et pourquoi c'est important

Les amendements rejetés ont été préparés par l'opposition. Leur logique s'inscrit dans une campagne plus large : auparavant, le Sejm polonais a tenu une première lecture d'un projet de loi présidentiel prévoyant la responsabilité pénale pour la propagande publique de l'idéologie de l'OUN et de l'UPA. Le ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine a réagi à ce projet de loi en appelant Varsovie à s'abstenir de « mesures d'escalade ».

« L'Ukraine compte sur un dialogue constructif et professionnel avec la Pologne et soutient la poursuite des travaux communs des historiens, des missions de recherche et d'exhumation ».

Ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine, 17 juillet 2025

Le ministère a également rappelé que le 15 juillet, la partie ukrainienne avait honoré au plus haut niveau la mémoire de toutes les victimes de la tragédie — ukrainiennes et polonaises. Les événements en Volhynie ont été rejoints par le ministre de la Défense polonais Władysław Kosiniak-Kamysz.

Contexte : de l'ordre au code pénal

Cette résolution n'est pas la première en un an. En juin 2025, le parlement polonais a adopté une loi établissant le 11 juillet comme Journée nationale de commémoration des Polonais — victimes de ce que la Pologne appelle officiellement un génocide. Le ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine a alors déclaré qu'une telle décision contredisait l'esprit des relations de bon voisinage.

L'aggravation des relations a pris un nouveau tournant à la fin mai : Zelenski a donné au Centre distinct des forces d'opérations spéciales le nom de « au nom des Héros de l'UPA ». Le président polonais Karol Nawrocki a réagi en initiative pour déchoir Zelenski de l'Ordre de l'Aigle Blanc — la plus haute distinction de l'État polonais, remise en 2023. Zelenski est devenu la deuxième personne de l'histoire polonaise à être privée de cette décoration.

  • Après une semaine d'escalade, le chef du Bureau du président Kyrylo Boudanov a effectué une visite non annoncée à Varsovie — pour négocier la situation autour de l'unité.
  • En Ukraine, l'UPA est un symbole de la lutte armée pour l'indépendance ; en Pologne — elle est avant tout associée au massacre en masse de la population civile polonaise.
  • Les travaux d'exhumation après la reprise de la coopération se poursuivent — notamment dans la région de Lviv — mais la question de leur ampleur reste ouverte.

La formule « prise connaissance » — une neutralité diplomatique qui n'est ni une condamnation ni une approbation. La question est de savoir s'il y aura une réponse sous la forme d'un format de négociation concret : si le projet de loi pénal contre « l'idéologie de l'OUN et de l'UPA » passe la deuxième lecture en Pologne, la neutralité diplomatique de Kyïv deviendra considérablement plus difficile à maintenir.

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