La flotte fantôme dans le viseur : Kyïv propose un mécanisme d'arrestation des pétroliers russes

Le responsable des sanctions a révélé comment l'Ukraine prévoit de transformer les sanctions internationales contre la flotte fantôme russe de simples déclarations en véritables saisies de navires.

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Владислав Власюк (Фото: Facebook посадовця)

Le pétrole russe continue de s'écouler sur les marchés mondiaux — via des centaines de pétroliers sans assurance, naviguant sous des pavillons de pays tiers et n'existant officiellement dans aucun registre de sanctions. Kyïv propose maintenant un mécanisme concret destiné à changer cette situation.

Le représentant du président pour les sanctions Vladislav Vlasiuk a expliqué l'approche que l'Ukraine défend lors des négociations avec ses partenaires : pour arrêter pleinement les navires fantômes, il ne suffit pas qu'un navire figure sur une liste de sanctions, il faut une reconnaissance automatique de ces listes par les juridictions des ports d'escale.

Le problème est actuellement technique, mais critique. Même si un pétrolier est inscrit au registre des États-Unis ou de l'UE, un port en Turquie, aux Émirats arabes unis ou en Inde n'est pas tenu de l'arrêter — car il n'est pas partie aux accords correspondants. Le navire transfère le pétrole et poursuit sa route.

Selon Vlasiuk, Kyïv propose un modèle à deux niveaux : le premier niveau — une « liste noire » coordonnée de navires, reconnue par plusieurs juridictions simultanément ; le deuxième niveau — l'obligation pour les ports partenaires d'arrêter ces navires sans procédures nationales supplémentaires. Il s'agit en fait de l'application extraterritoriale des sanctions par le biais d'accords bilatéraux ou multilatéraux.

Cette idée n'est pas nouvelle en droit international — un mécanisme similaire fonctionne partiellement pour les navires battant pavillon des États violant l'embargo sur les armes. Mais on n'a jamais tenté de l'appliquer à une flotte pétrolière commerciale d'une telle ampleur.

Les sceptiques au sein de l'UE soulignent l'évidence : la Turquie et les Émirats arabes unis, par les ports desquels transite la majeure partie du trafic fantôme, ne sont pas membres des régimes de sanctions et ont leurs propres intérêts économiques à préserver ces flux. Signer un accord-cadre, c'est une chose ; mettre en place un contrôle réel, c'en est une autre.

Un détail révélateur : depuis le début de l'invasion de grande envergure, l'Occident a inscrit plus de 400 navires de la flotte fantôme sur les listes de sanctions. Les arrestations documentées dans les ports neutres se comptent sur les doigts.

Si le mécanisme proposé par Kyïv fonctionne réellement, cela signifierait un changement de principe : les sanctions ne seraient plus une menace purement théorique pour les pays qui ne les ont pas officiellement ratifiées. Mais c'est précisément pour cette raison que la question reste ouverte : quels pays Kyïv a-t-elle déjà convaincus de signer des accords sur la reconnaissance automatique des listes — et dans quel délai ?

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