Le 13 juillet à Paris, Zelenski a annoncé la composition de la coalition industrielle qui construira le système antiballistique FREYJA. Aux côtés de l'ukrainienne Fire Point — développeur du missile intercepteur FP-7.x — le projet a été rejoint par Thales, HENSOLDT, Diehl Defence, Saab, Kongsberg Defence & Aerospace, Weibel, Leonardo, MBDA, Eurosam, Safran et Destinus. Chacun d'eux couvre un nœud technologique spécifique, sans lequel la fusée n'est que du métal.
Ce que chaque participant apporte
FREYJA a été conçu comme une architecture ouverte : l'ukrainien Fire Point fournit l'intercepteur, les autres — les yeux, les oreilles et le cerveau du système. Le FP-7.x est un missile de 7,25 m de long en matériaux composites, avec une vitesse maximale de 1 500–2 000 m/s (jusqu'à Mach 5,9). L'autoguidage utilise une tête chercheuse infrarouge de l'allemand Diehl Defence (famille IRIS).
Le circuit radar du système couvre plusieurs plates-formes : le Saab Giraffe 8A/4A suédois (du même fabricant qui produit l'avionique du chasseur Gripen), le Thales Ground Master 400 français, le HENSOLDT TRML-4D allemand, le Weibel GFTR-2100/48 danois et le Leonardo KRONOS Land italien. La conduite de tir est assurée par le Centre de Conduite de Tir Kongsberg norvégien — un système de combat ouvert qui fusionne les données de tous les capteurs.
La communication entre les composants utilise le protocole Link 16, la norme de l'OTAN pour l'échange de données en temps réel. Après la signature par l'Ukraine d'un accord sur l'interface CRC System Interface avec l'OTAN en mai 2025, tout réseau allié de défense aérienne sur Link 16 pourra partager l'acquisition de cibles avec une batterie FREYJA. C'est cela, selon Defense News, qui en fait passer une d'un système national à un système continental.
Le français MBDA — l'un des plus grands fabricants de missiles d'Europe, partenaire d'Airbus — a apporté son aide au développement du FP-7.x lui-même. Eurosam et Safran couvrent l'intégration avec les composants français du système SAMP/T. Destinus, une startup suisse-britannique d'appareils supersoniques, est responsable de certains éléments de la modélisation hypersonique.
Le chiffre qui explique tout
La logique économique centrale de FREYJA est l'asymétrie des coûts. Selon les estimations, une interception FP-7.x coûtera environ 700 000 dollars. Le Patriot PAC-3 MSE selon la dernière demande budgétaire de l'armée américaine — plus de 5 millions de dollars par missile, et généralement deux ou trois missiles sont nécessaires pour détruire une seule cible balistique.
« Le monde fait face à une pénurie de capacités antiballistiques. Les États-Unis augmentent la production du Patriot, l'Europe — du SAMP/T, de l'IRIS-T et du NASAMS, mais le besoin de protection dépasse les capacités disponibles ».
Président Zelenski, Paris, 13 juillet
Les stocks de missiles intercepteurs PAC-3 à l'OTAN, selon TechTimes, sont tombés environ à 25% du niveau normatif du Pentagone vers la mi-2025 — après les livraisons massives à l'Ukraine et les dépenses au cours du conflit au Moyen-Orient.
Une architecture sans précédent — et sans garanties
FREYJA a été conçu comme un « système de systèmes » : il complète plutôt qu'il ne remplace le SAMP/T, l'IRIS-T et le NASAMS. L'architecture ouverte permet l'intégration avec tout réseau allié sur Link 16 — théoriquement. La fusion pratique des radars de sept fabricants différents dans une boucle unifiée d'acquisition de cibles est un défi que l'OTAN n'a pas résolu à cette échelle en mode de développement accéléré.
Selon Wikipedia et Defense News, le premier interception au combat d'une cible balistique est prévue pour la fin 2027. La production en série — trois missiles par jour — pourrait démarrer dès août 2026, mais seulement après la réception des têtes chercheuses de Diehl Defence.
Neuf pays fondateurs ont signé une déclaration, mais sans engagements fixes concernant le financement de chaque composant. Si un seul des nœuds radar ou de commande prenait du retard — le système n'aurait pas sa pleine capacité opérationnelle d'ici 2027 même avec des missiles en stock.
La question qui déterminera le sort du projet : Diehl Defence et HENSOLDT signeront-ils des contrats fermes de production d'ici la fin 2026 — ou FREYJA restera-t-il une déclaration d'intentions avec douze logos sur une diapositive.