La Moldavie avertit : si la Transnistrie est incluse dans un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie, les négociations s'enliseront

Mihai Popșoi, lors d'une séance du comité de sécurité du Parlement européen, a expliqué pourquoi l'inclusion de la question de la Transnistrie dans un accord de paix pourrait bloquer le processus de règlement lui-même — et ce que la Moldavie propose à la place.

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Міхай Попшой (Фото: Dumitru Doru / EPA)

En Transnistrie, il reste environ 300 soldats russes. Le reste des occupants sont recrutés sur place — parmi les citoyens de la Moldavie, que l'on pousse à servir dans des formations illégales de la Russie. Ce n'est pas une menace abstraite sur une carte : c'est un outil de pression que Moscou maintient à 70 kilomètres d'Odessa.

C'est sur ce fond que le ministre des Affaires étrangères de la Moldavie, Mihail Popșoi, s'est adressé à la séance du Comité de la sécurité et de la défense du Parlement européen avec une thèse qui contredit la position de la présidente Maia Sandu : l'inclusion de la question de la Transnistrie dans l'accord de paix entre l'Ukraine et la Russie pourrait nuire au règlement lui-même.

Deux logiques au sein d'une même Chişinău

Sandu a appelé publiquement en juin 2026 à inclure un point sur le retrait des troupes russes de Transnistrie dans les futurs accords de paix concernant l'Ukraine. Popșoi choisit une autre stratégie : il insiste sur le fait que l'intégration européenne de la Moldavie et la réintégration de la Transnistrie doivent avancer en parallèle, et non dans un même paquet avec le règlement ukrainien.

« Sinon, nous fournirons au Kremlin un levier d'influence et un droit de veto de facto sur notre processus d'adhésion à l'Union européenne »

Mihail Popșoi, ministre des Affaires étrangères de la Moldavie

La logique est simple : si la question de la Transnistrie devient une condition obligatoire du traité de paix entre Kyïv et Moscou, la Russie obtiendra un nouveau point de négociation où elle est déjà physiquement présente. Les négociations deviennent plus complexes, et la Moldavie devient l'otage d'un accord étranger.

Ce qui figure dans le plan de Chişinău — et ce qui manque

En mars 2026, la Moldavie a transmis pour la première fois en plus de 20 ans à ses partenaires occidentaux un non-papier officiel exposant sa vision de la réintégration de la Transnistrie. Le document, présenté à Bruxelles, définit la démilitarisation et la démocratisation comme les conditions préalables principales. Il prévoit également la création d'une mission civile internationale qui accompagnera la transition.

Mais le document contient une lacune fondamentale : aucun mécanisme de retrait des troupes russes. Comme le note « European Pravda », Chişinău n'a pas d'outils pour forcer Moscou à battre en retraite — et compte uniquement sur la pression de ses partenaires. La pression économique sur Tiraspol, la Moldavie prévoit de l'exercer seule, mais le scénario militaire est de facto exclu.

  • Environ 300 militaires russes restent dans la région ; le reste de l'armée de Moscou est recruté parmi les habitants locaux
  • La Moldavie a déclaré pour la première fois : la Transnistrie n'aura aucun statut spécial après la réintégration
  • Chişinău demande à ses partenaires des intercepteurs pour la défense aérienne — les drones russes violent régulièrement l'espace aérien du pays

Après l'accord — une nouvelle architecture

Selon Popșoi, après la conclusion des accords entre Kyïv et Moscou, l'étape suivante doit être une discussion plus large sur l'architecture de la sécurité régionale. C'est dans ce format, selon lui, que la question de la Transnistrie peut être examinée sans risque de bloquer les négociations principales.

C'est une déclaration d'intention, non un mécanisme. Qui exactement s'assiéra à la table de cette « discussion plus large », dans quel format et avec quels pouvoirs — cela reste ouvert. En revanche, il est certain que la Russie n'a pas retiré ses troupes de Transnistrie même quand personne ne l'exigeait activement.

Si l'accord de paix entre l'Ukraine et la Russie est signé sans mentionner directement la Transnistrie — Moscou acceptera-t-elle une « discussion plus large » sur la sécurité régionale, où sa seule concession réelle serait le retrait de la terre moldave ?

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