Sociologue du KMIS : les émotions des protestations remplacent chez les Ukrainiens l'analyse des accomplissements de l'armée

Anton Hroushetskyy explique l'effet inattendu des actions « en carton » : la confiance envers les commandants ne dépend désormais plus des résultats sur le terrain, mais des vagues de scandales médiatisés.

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Протести у Києві 16 липня (Фото: LIGA.net)

Paradoxe des derniers mois : entre mai et juillet, l'armée ukrainienne a enregistré des gains réels sur le front, mais la confiance envers le commandant en chef de l'époque, Oleksandr Sirski, n'a pas augmenté, mais a chuté. C'est ce qu'ont montré les sondages menés par le KMIS au cœur des protestations contre les décisions de personnel du président. Le directeur exécutif de l'institut, Anton Grouchetsski, voit dans cela un symptôme qui aura des conséquences pour le successeur de Sirski – Mikhaïlo Drapaty.

« Cela signifie que l'évaluation des activités du commandant en chef chez nous est basée sur des réactions émotionnelles, et non sur l'équilibre des gains et des pertes », déclare Grouchetsski.

Une confiance indépendante des résultats

Les protestations à Kyiv et dans d'autres villes ont commencé le 16 juillet en raison de la décision de ne pas ramener Rustem Oumérov, ou plus précisément, du refus de Zelenski de nommer Fedorov ministre de la Défense, ainsi que de la demande de révoquer Sirski. Une semaine plus tard, le président a signé les décrets : Sirski – en retraite, Drapaty – nouveau commandant en chef.

Le sociologue formule une conclusion pratique inattendue de cette histoire : tout chef militaire en Ukraine travaille désormais dans des conditions où son indice de confiance peut s'effondrer non pas à cause d'un revers sur le front, mais en raison d'une « réaction émotionnelle et médiatique » de la société, faiblement liée à la dynamique réelle des combats.

« Tout officier militaire peut maintenant devenir la cible des réactions émotionnelles et médiatiques », note Grouchetsski, qualifiant cela de signal alarmant.

Un avance difficile à mériter

Drapaty a obtenu son poste sur la vague de protestations qui ont en fait formé une demande d'un « nouveau sauveur ». Selon Grouchetsski, cela crée des attentes malsaines et excessivement élevées – et en même temps transfère au nouveau commandant en chef tout le poids des griefs qui ont été adressés auparavant à Sirski, notamment concernant la mobilisation.

« La cible principale des critiques envers Sirski – la question de la mobilisation – sera désormais dirigée vers lui. Je souhaite sincèrement du succès à Drapaty. Son succès est notre succès collectif », déclare le sociologue, en ajoutant que la société devrait réagir de manière plus calme.

Fatigue sans volonté de se rendre

Un moment à part, tout aussi pratique, concerne la nature de la fatigue sociale. Les sondages actuels du KMIS enregistrent : les Ukrainiens sont déterminés à poursuivre la lutte, la capitulation n'est pas envisagée comme une option. Mais la fatigue se manifeste autrement – dans une capacité réduite à évaluer rationnellement les événements et les personnes spécifiques.

« Il y a un certain engouement quand on vend l'idée facile de renverser la guerre », explique Grouchetsski.

C'est précisément cette « idée facile » – un coupable personnel simple ou un sauveur – qui constitue, selon le sociologue, le risque principal pour tout futur commandant : si la société l'évalue non pas par les résultats au front, mais par la vague émotionnelle, la prochaine révocation pourrait répéter le scénario de juillet indépendamment des résultats réels sur le champ de bataille.

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